Le geste n'est que rarement libre tandis que l'esprit est en quête permanente de liberté.
Cette trouble dichotomie est la condition de l'artisan-musicien seul face à ses outils, à sa matière sonore et à son intention de la sculpter en temps réel.
Un aller-retour d’autant plus complexe entre le geste et l’esprit que le corps, lui, peut se transcender même si le geste est maitrisé (et non-improvisé). Mais si la liberté est une chimère comment éprouver l’improvisé? Et si la liberté c’était accepter cette contradiction, accepter sa contrainte, mais penser à choisir ses contraintes plutôt que penser à les abolir? Et si la contrainte était finalement la condition du discours créatif instantané ? La contrainte de l'instant et du lieu bien sur, mais aussi celle de la pensée forgée, (sur)chargée dont la tendance naturelle serait de pouvoir se décharger dans un discours instinctif qui transformerait l’acquis en impromptu, l’impromptu en imprévu, et l’imprévu en spontané. Une intention qui réussirait à conjuguer conceptuel et instinctif, recherche et poésie, idée et envie, légèreté et sens... Avant la Quête, tentons une simple errance spontanée et généreuse.
Ce solo en perpétuelle évolution est bâti sur cette idée qu’au-delà des influences et expériences accumulées, le musicien improvisateur donne avant tout à voir une intention spontanée dont émane un voyage sonore.
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